[COMMUNAUTÉ] Portrait d'Edward Owusu Kwarteng, chercheur


EXPLORER ET CONSTRUIRE SA PROPRE VOIE

Edward Owusu Kwarteng est chercheur spécialiste des cellules souches et vaccinologue. Après des études au Ghana, il arrive au Learning Planet Institute (anciennement CRI) en 2010 pour le master en science (Master of Science, MSc.) Approches Interdisciplinaires du Vivant. L'institution lui donne le goût de la recherche, du voyage et l’envie de poursuivre ses recherches en thèse. Il en est très reconnaissant.

Edward est Ghanéen. Il passe sa scolarité dans son pays d’origine, et poursuit avec un bachelor en science (Bachelor of Science, BSc.) en mathématiques avancées au Laboratory Technology. Intéressé par la manière d’identifier les maladies et de lutter contre leur propagation, il fait des stages dans des centres de diagnostic en milieu hospitalier.

Au moment de choisir son master, Edward effectue des recherches sur internet et tombe sur le Learning Planet Institute* (CRI à l’époque). La description du programme correspond totalement à ses attentes. « C’est ce que je veux, c’est là que je veux être » se dit-il, comme une évidence. « Au Ghana, personne ne connaissait le CRI ». Edward passe un entretien avec Ariel Lindner, co-fondateur du CRI et Directeur de la Recherche, et est accepté en master Approches Interdisciplinaires du Vivant en 2010.

Enthousiaste, Edward quitte donc le Ghana pour Paris « C’était la première fois que je voyageais hors de mon pays ! C’était assez stressant et difficile. Je ne savais pas comment prendre le métro, le bus, je ne trouvais pas de logement… ». Pourtant, Edward se retrouve très vite dans un environnement accueillant et chaleureux.

Tout le monde était adorable, le groupe était très soudé. Il y avait beaucoup d’étudiants internationaux. Les étudiants français nous faisaient visiter la ville et nous donnaient des conseils. Je me suis senti à la maison.  

Les premiers examens représentent aussi une source de stress. « C’était très intéressant et très intense à la fois. ». Mais Edward les obtient tous haut la main. Il est nourri des différents profils et expériences de ses camarades de promotion. Certains viennent d’Indonésie, du Brésil, de France, certains étudient les fonds marins, d’autres sont aujourd’hui professeurs d’université en physique…

Tout le monde partait de zéro. On allait de l’avant ensemble. » Pour Edward, les présentations de groupe sont structurantes. « On a toujours beaucoup à apprendre de ses collègues. La manière dont on partageait nos idées était très particulière. Personne n’avait tort, tout le monde était respectueux et respecté. C’était assez unique.

En master 1, Edward fait un stage à l’Institut Gustave Roussy sur les espèces réactives, et notamment la manière dont elles se reproduisent. « C’était les débuts de la recherche. Je ne savais pas du tout comment en faire », lance Edward en riant. « J’ai tout appris sur le tas. C’était très stimulant. ». Les expériences de recherche partagées par les étudiants en doctorat avaient déjà motivé Edward. Les « vendredis interdisciplinaires » (Interdisciplinary Fridays) » permettaient aux doctorants de partager l’avancée de leurs recherches avec d’autres étudiants. Une expérience marquante pour Edward, qui ressortait chaque semaine inspiré de ces exposés. « Nous avions la chance d’échanger les uns avec les autres de manière informelle autour d’un verre. C’était très très riche. On ne s’ennuyait jamais car on avait toujours quelque chose de nouveau à découvrir. C’était aussi une manière de se faire de nouveaux amis ! » dit Edward, dont le sourire ne le quitte décidément jamais.

En master 2, Edward fait un stage à l’Institut Curie sur les causes des migrations de cellules. Parallèlement, il fait partie de l’équipe « Paris Bettencourt » à l’International Genetically Engineered Machine competition (iGEM), compétition internationale de biologie de synthèse organisée chaque année à Boston. « Nous avons lancé notre propre recherche avec nos idées, notre bibliographie... Nous avons formalisé nos expériences nous-mêmes. C’était très stimulant. » La participation à cette compétition donne aussi à Edward l’occasion de se rendre à Amsterdam et à Boston. Cela lui transmet le goût du voyage. « Nous avons présenté notre projet sous forme de poster à Boston et nous avons fini dans les 16 finalistes de l’iGEM. »

Edward fait aussi un stage de recherche au Centre de Recherche des Cordeliers, puis à l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (APHP) avant de partir pour Montréal et de se lancer dans un doctorat à l’Institut National de la Recherche Scientifique (INRS).

J’ai plus ou moins décidé de mon projet de thèse par moi-même. Ça me vient du CRI. Après le CRI, je n’ai jamais arrêté de penser comme une personne du CRI ! , dit-il en riant.

Pendant sa thèse, il découvre un mécanisme jusqu'alors inconnu qui montre que l'attrition des cellules souches sanguines est en partie responsable de l'immunosuppression dans les infections chroniques comme le VIH/SIDA. Cela renforce l’hypothèse selon laquelle les cellules souches peuvent être ciblées pour trouver un traitement contre les infections chroniques. Aujourd’hui, Edward est en post-doctorat au Children’s Medical Center Research Institute de Dallas, aux États-Unis, où il étudie les régulateurs métaboliques de la gravité des maladies au cours du vieillissement.


Le CRI a beaucoup fait pour moi. C'est au CRI que je dois la réussite de ma carrière. Je ne savais pas comment faire de la recherche. J'ai pu explorer mon propre chemin » explique Edward, très enthousiaste. « Si tu es vraiment intéressé, tu as tout ce qu’il te faut (interactions, cadre, matériel) pour devenir qui tu veux être. Je ne connaissais rien de semblable. Le CRI est rempli de penseurs indépendants et de bons esprits. J’aurais bien envie d’y retourner », conclut-il, un brin nostalgique.

* Le CRI est devenu le Learning Planet Institute en décembre 2021
Tout savoir sur sa transformation : https://news.cri-paris.org/news/le-cri-se-transforme-et-devient-le-learning-planet-institute/


Un article de Marie Ollivier